Lettre Poétique

 pour Youth Exchange

Bonjour la France !

Dans l’ensemble tout se passe toujours pour le mieux ; j’entame aujourd’hui même mon troisième mois dans ce merveilleux pays ; j’y ai découvert une culture bien différente de la nôtre mais avec beaucoup de choses à y apprendre.

Je vais un peu plus rentrer dans les détails en vous expliquant comment se passent mon école, mes amis, la langue, la culture et mes liens avec le Rotary.

Pour commencer, l’école, et en fait aussi mes amis et la famille car ce sont les deux éléments qui rythment ma vie. L’école taïwanaise, et en particulier la mienne, de type école hôtelière, et j’ai l’impression un peu militaire, même si pas du tout, est un mélange de tout ce qu’on peut trouver dans les films et notre imagination, tout est différent, de l’uniforme aux cours militaires en passant par des tas de règles et de coutumes. Je pense avoir de la chance car je suis la seule RYE dans mon école, ce qui m’oblige à me faire amis avec les taïwanais rapidement, et à pratiquer la langue au quotidien.

– Le lundi, une tenue de cérémonie est exigée, on doit se rendre à l’école à 7h30 en school bus pour que les élèves aient le temps de nettoyer la classe (balai, serpillère, lavage de vitres, du tableau, et de tout l’établissement). Ensuite, j’ai un beverage class, où, en tenue parfaite de serveur, je fais trois cocktails par semaine, avec fruits, thé, café, lait… L’après-midi, j’ai un cours militaire, où on y apprend une sorte de show, avec tout un tas d’ordres, de chansons (que je ne comprends absolument pas ☺), en chinois, pour une future prestation en novembre devant toute l’école.
– Le mardi cours de cuisine taïwanaise, cuisine immense, une tenueégalement obligatoire est demandée, équipe de 4, j’y apprend beaucoup de choses et de recettes, on ne fait que des woks.
– Mercredi, cours d’housekipping, on apprend à dresser des tables, servir des invités, et pleins d’autres skills. L’après-midi j’ai un cours de cérémonie de thé chinoise, très intéressent, avec toutes les sortes de thé, de jeu de thé, de gestuelles, et de petits détails qui font du thé chinois et taïwanais, une grande partie de leur culture, d’autant plus que, à 30mn de chez moi, une montagne (Alishan) est mondialement connue pour son Oolong tea et ses très nombreux champs de thé.
– Le jeudi, c’est cours de pâtisserie tout l’après-midi.
– Et enfin, le vendredi, il y a une cérémonie du lever de drapeau de 7h30 à 8h00 ou 9h00, où on commence par quelques enchainements d’ordres, salutation du père de Taïwan, puis des remises de récompenses à des élèves et très souvent, des speechs en taïwanais. Dans la matinée j’ai cours de cuisine Japonaise, Coréenne et chinoise.

Au niveau amical, les taïwanais m’ont parfaitement bien accueillie, ils sont tous venus me parler, ou me dire « bonjour », mes cheveux blonds les interrogeaient beaucoup aussi car aucun foreigner dans ma ville et très peu à Taïwan en règle générale. Un peu plus dur après deux, trois semaines à l’école, effet surprise passé, car personne ne parle anglais correctement, c’est assez impressionnant et mon chinois n’étant pas meilleur que leur anglais, vous pouvez donc imaginer que dans ces conditions, c’est plus dur de se faire des amis.

Mais depuis deux, trois semaines, tout va pour le mieux, je commence à avoir de bons amis, avec qui je sors à l’extérieur quelque fois. J’ai également rejoint une équipe de danse pour Halloween. Le midi, chacun doit apporter son bol et ses baguettes, et on mange dans la classe, on a 15mn environ, puis sieste d’une heure.

Concernant le chinois, une longue histoire haha… Très difficile au début, car vraiment différente des langues latines, aucun mots, sons en commun, une écriture illisible ; ma mère ne parle pas anglais, mes classmates ne parlent pas anglais, aucun menu
ou personne qui parle anglais dans ma ville, et je vous jure je n’exagère rien, je me suis donc rapidement dit qu’il fallait vraiment que je m’y mette. Donc, en cours, je travaille avec des livres que j’avais achetés en France, je travaillais un peu à la maison avec ma mère au début. Ils ont un accent totalement différent de ceux qu’on apprend dans les livres et pareillement un vocabulaire et des mots très différents que le chinois de Chine. Pour nous aider, nos parents nous ont inscrits dans des cours de chinois le mardi et mercredi soir, d’une heure trente avec les 4 autres RYE de ma ville ; j’y apprends le Zhuyin, pinyin taïwanais, et à écrire. Au début, on trouvait ces cours totalement inutiles car vocabulaire insensé et prof totalement crazy qui danse 70% du temps mais on s’y est fait et on travaille de plus en plus. Maintenant, j’arrive à me faire comprendre et expliquer à peu près tout ce que je veux à ma mère, comprendre est plus difficile mais mon oreille commence à se faire et j’arrive à avoir des discussions, qui restent assez basiques, ou plus compliquées avec l’aide de Google traduction, avec les taïwanais ; donc je suis très contente, et assez optimiste ! Maintenant encore beaucoup de routes avant de parler couramment, mais à l’heure d’aujourd’hui j’adore cette langue !

A propos du Rotary, presque aucun contact, seulement les réunions mensuelles pour recevoir mon argent du mois et la journée d’intégration en août, qui était d’ailleurs très bien, mais très courte (une petite journée) ; c’était génial de pouvoir rencontrer des personnes du monde entier, on s’est tous très bien entendus. Après, je suis très souvent avec les 4 autres RYE de ma ville, je les vois assez souvent dans la semaine, de plus, on va visiter des lieux ensemble le weekend. Je m’entends extrêmement bien avec eux, et en réalité, je ne le pensais pas, mais c’est génial de voir des gens qui partagent la même vie que toi, qui rencontrent les mêmes problèmes, les mêmes découvertes, et surtout qui parlent anglais ! Et puis, je suis avec des taïwanais tous les jours en cours.

La famille est très importante à Taiwan, donc je passe beaucoup de temps avec mes tantes et grands-parents, on mange très souvent tous ensemble, le plus souvent sur le comptoir de la pharmacie de ma tante, avec ma mère, ma cousine et ses deux filles, 3 et 1 an. Je m’entends très bien avec mes cousins, et j’en ai pas mal, tous plus jeunes que moi, ils sont tous adorables ; en règle générale, j’aime énormément la vie familiale là-bas, et je m’y sens très bien. Sinon, je ne vis qu’avec ma mère, la cohabitation est parfaite, on s’entend très bien et on rigole beaucoup, on passe beaucoup de temps ensemble, mais elle
me laisse quand même une certaine liberté et je peux souvent sortir avec mes amis. J’ai une vie très simple, j’habite dans une sorte de banlieue, on va faire le marché tous les samedis pour acheter fruits et légumes, on mange sur une petite table basse, pas d’eau potable au robinet, laver ses affaires à la main, mais c’est très enrichissant et me fait me rendre compte qu’on a beaucoup de chance en Europe.

Je voulais absolument continuer le sport à Taïwan, donc je fais de l’escalade avec un ami le jeudi soir, j’ai énormément de chance car je grimpe avec celui qui tient la salle et ses deux enfants, et il se trouve que c’est l’entraineur de l’équipe d’escalade de Taïwan ! De plus tous les dimanches (ou du moins, mes WE libres), il nous emmène dans les différentes salles de Taïwan, j’ai également une compétition prévue fin octobre. Pour rester dans la culture asiatique, le sport qui me vient en tête directement est le taekwondo, je me suis dit, c’est le moment où jamais pour essayer, tous les vendredis, je vais donc dans une petite salle perdue avec beaucoup d’enfants, un prof très strict, mais très efficace, petite salle, drapeau de Taïwan, encore une fois très typique mais très amusant, j’aime beaucoup.

Enfin, pour finir, la culture et mes visites ; la culture taïwanaise est diamétralement opposée à celle européenne et occidentale. Pourtant je n’ai pas réellement eu de chocs culturels car j’étais déjà allée en Asie avec mes parents, mais de vivre chez l’habitant est une toute autre histoire. Le diner est à 6h, mes repas, depuis deux mois, se résument à un bol de riz midi et soir, avec plusieurs assiettes qui contiennent viandes, poissons et légumes cuisinés, délicieux, et une soupe, ils mangent également beaucoup de fruits ; par contre j’ai définitivement banni de mon quotidien tout ce qui est fromage, saucisson, chocolat, pâtes, yaourt, beurre… ils ne connaissent pas ! On peut voir des temples, des rizières, et des montagnes à pertes de vue, de grandes villes, pas spécialement belles mais très typiques, commerces de rue de partout, night market, marché, des panneaux et des
scooters qui empiètent sur les rues, pas vraiment de code de la route. Une dernière chose, petit détail amusant, c’est que, ici, on ne m’appelle jamais Poeiti, c’est soit Huang Tsai Enn (mon nom chinois en pinyin), tous mes classmates et ma famille m’appellent comme ça, ou alors Poeiti Jiejie (=grande sœur), tous les enfants, mes cousins m’appellent comme ça.

J’ai beaucoup de chance car tous les dimanches je pars visiter un nouveau coin de Taiwan avec mon oncle, ma tante et ma mère, je suis déjà allée dans toutes les plus grandes villes, et ai visité beaucoup de sites naturels, perchés sur les montagnes, des vues à couper le souffle, et beaucoup de rizières, des rizières et encore des rizières. Je suis également allée visiter plusieurs lieux avec mes amis, en prenant train ou bus. Ou alors je vais dans la maternelle de ma mère, et je joue avec les enfants, ils m’apprennent à écrire, je leur donne à manger…

Bref je n’ai vraiment pas de mots pour raconter ce que je vis, je n’ai que très peu eu, voire pas du tout, de coups de mou, je profite simplement un maximum de tout, j’essaye d’ouvrir le plus possible les yeux sur cette culture, et je ne vis que des bons moments, emmagasine de bons souvenirs, et même mes moments difficiles, je les vois comme une manière de grandir et j’y pense avec le sourire ; aucun problème à déclarer.

Quelques photos de ces deux mois :

Articles récents

Start typing and press Enter to search