Lors du discours d’ouverture, Anne Gironde a rappelé une vérité essentielle : l’eau n’est pas une ressource comme les autres.
Elle est la condition même de la vie, de l’agriculture et de toute civilisation. Pourtant, nous la maltraitons souvent, nous la gaspillons, nous l’oublions, jusqu’au jour où elle vient à manquer.
En Provence, cette réalité est désormais tangible : les sécheresses s’allongent, les nappes s’abaissent, et le manque d’eau n’est plus une perspective lointaine mais un fait du quotidien.
Dans ce contexte, le Rotary International place l’eau parmi ses sept causes prioritaires. Son engagement porte sur l’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’hygiène et la protection de l’environnement.
Depuis 2024, il a renforcé cette action par un partenariat avec le programme des Nations Unies pour l’Environnement, dans le cadre de l’initiative « Action communautaire pour l’eau douce », qui permet aux clubs Rotary de s’investir concrètement dans la santé des cours d’eau.
La journée organisée en Provence s’inscrit pleinement dans cette dynamique : agir globalement, en commençant par agir localement.
Anne Gironde souligne également la présence d’élèves parmi les participants, notamment dans les stands. Ils ne sont pas seulement invités à regarder, mais à prendre part, à comprendre et à devenir eux-mêmes porteurs de solutions. Ce sont à eux que le témoin doit être transmis, car ils incarnent un regard neuf, une exigence nouvelle et une forme d’espérance que les adultes ont le devoir d’entendre.
La journée se veut donc un espace de débat, de questionnement et d’échange, ouvert à toutes les voix. La manifestation « L’eau en Provence, notre bien commun » est présentée comme une réponse collective à un défi majeur pour les territoires.
Le programme de cette journée à la fois intellectuelle, pédagogique et conviviale s’est articulé autour de plusieurs temps forts répartis dans les différents espaces de la Fruitière Numérique.
Dans l’auditorium : trois tables rondes consacrées successivement à la ressource, aux usages et à la rareté, puis une synthèse, l’intervention de François Gemenne et un temps de débat. En parallèle, la grande salle accueille tout au long de l’après-midi des stands variés, avant un moment convivial mêlant pot de l’amitié, dédicaces et projection du film Hydros – L’eau, cycle de la vie.
La première table ronde, dédiée à la ressource, examine l’évolution de l’eau en Provence dans le contexte du changement climatique. Les échanges mettent en évidence la mutation rapide des équilibres hydrologiques, sous l’effet conjugué des sécheresses, de l’évolution des régimes naturels et des pressions sur les usages. Il devient indispensable d’articuler la gestion des grands ouvrages, comme la Durance ou le Canal de Provence, avec le fonctionnement vivant des milieux naturels. L’eau ne peut plus être pensée comme une simple infrastructure : elle doit être considérée comme un élément d’équilibre écologique à préserver.
La deuxième table ronde aborde la question des usages. Elle montre combien il est difficile de concilier les besoins multiples liés à l’eau potable, à l’agriculture, à l’industrie, au tourisme, au patrimoine ou encore à la santé. Les intervenants rappellent que ces usages ne peuvent plus être envisagés séparément. Ils doivent désormais s’inscrire dans une logique de sobriété, de responsabilité et de partage. L’eau relie en effet les territoires, les activités et les générations ; sa gestion exige donc une approche commune, lucide et concertée.
La troisième table ronde, consacrée à la rareté, élargit encore la réflexion. Elle interroge notre capacité à anticiper le manque d’eau, à faire des choix de société adaptés et à bâtir des politiques publiques capables de répondre aux sécheresses à venir. La rareté n’est plus une hypothèse abstraite : elle constitue une trajectoire de fond, à intégrer dès maintenant dans les décisions agricoles, économiques et environnementales. Cette table ronde invite ainsi à passer d’une logique de réaction à une logique de préparation.
L’intervention de François Gemenne donne à l’ensemble une portée plus large encore. Son propos relie la question de l’eau aux défis du climat et des sociétés humaines, en rappelant que les crises hydriques sont aussi des crises de gouvernance, de choix collectifs et d’anticipation. Il invite à sortir de toute vision fataliste : des solutions existent, mais elles impliquent de profondes transformations de nos modèles de développement et de nos priorités. Dans cette perspective, la Provence apparaît à la fois comme un territoire particulièrement exposé et comme un espace possible d’innovation et d’adaptation.
Les stands, enfin, apportent à la journée une dimension concrète, sensible et éducative. Fresques réalisées par des élèves, expositions scientifiques, artistiques, historiques ou associatives : tout concourt à montrer que l’eau touche à la fois la recherche, l’éducation, la culture, la mémoire des lieux et la citoyenneté. Cette diversité d’approches enrichit la réflexion et permet d’ancrer le sujet dans le vécu des habitants.
Cette journée a affirmé avec force que l’eau est bien un bien commun, mais qu’elle ne le restera que si nous organisons collectivement sa préservation. Cela suppose de dépasser les logiques sectorielles, de renforcer la gouvernance à l’échelle des bassins et de redonner toute sa place aux milieux naturels. Cette journée apparaît ainsi comme une étape importante, porteuse d’une conscience partagée et d’un appel à poursuivre par des actions concrètes tant au niveau local qu’au niveau global.
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DEROULE
La ressource EAU se raréfie !!!
Face à un défi majeur pour nos territoires, la journée « l’eau en Provence, notre bien
commun », vous invite à comprendre l’urgence, explorer les enjeux et agir pour
préserver cette ressource vitale.
le programme de la journée :
Dans l’auditorium
-14h30 à 14h45 : ouverture
-14h45 à 15h40 : table ronde « la Ressource »
-15h45 à 16h40 : table ronde « les Usages »
-16h45 à 17h40 : table ronde « la Rareté »
-17h45 à 18h45 : synthèse des tables rondes
Intervention de François Gemenne, et débats
Dans la grande salle
Tout l’après-midi, possibilité de visite des stands.
-18h45 à 20 h, visite des stands
et pot de l’amitié (en-cas, boissons ...)
dédicaces de l’ouvrage de François Gemenne
« Parler du climat sans plomber l’atmosphère »
Dans l’auditorium, le film « Hydros »
-à partir de 19h, billetterie, hall d’accès à l’auditorium
-20h à 20h15, présentation par les réalisateurs
-20h15 à 21h35, projection du film
LES TABLES RONDES, dans l’AUDITORIUM
Table ronde 1 : La ressource
Comment évolue la ressource en eau en Provence dans le contexte du changement
climatique ? Quels sont les équilibres à trouver entre milieux naturels, besoins humains
et activités économiques ?
Jacques ARBEZ, président de l'association Solidarité Eau Sud (SES)
Benoit MOREAU, directeur du développement de la Société du Canal de Provence (SCP)
Philippe PICON, directeur ressource du Syndicat mixte d'aménagement de la Durance
Jean-François PINTARD, directeur Eau-Environnement EDF Production Méditerranée
Stéphane SALORD, président Arc Fleuve Vivant
Table ronde 2 : Les usages
Comment concilier les usages de l'eau – eau potable, agriculture, industrie, tourisme,
patrimoine, santé – dans un contexte de tensions croissantes sur la ressource ?
Dr Alain COLLOMB, membre de l’Association santé environnement France (ASEF),
président de l’antenne Provence
Emmanuel COSTE, architecte et fondateur d’EAULISTIC
Benoît MOREAU, directeur du développement de la Société du Canal de Provence (SCP)
Nadia SAMMUT, cheffe étoilée engagée et fondatrice du mouvement NOURRIR
Daniel ZIMMER, ingénieur agronome, ancien directeur exécutif du Conseil mondial de
l'eau (2001-2008)
Table ronde 3 : La rareté
Comment anticiper et gérer la rareté de l'eau ? Quels choix de société, de modèles
agricoles et de politiques publiques pour faire face aux sécheresses et aux
déséquilibres à venir ?
Pascal LAURENS, directeur commercial de la Société des eaux de Marseille (SEM)
Benoît MOREAU, directeur du développement de la Société du Canal de Provence (SCP)
Alain SANDOZ, représentant du projet européen CARDIMED à Aix-Marseille Université
Gilles PIPIEN, ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts (IGPEF) honoraire,
expert auprès de l'Association Nationale des Élus des Bassins (ANEB),
Aldric SINGHER, écrivain-auteur
LES STANDS, dans la grande salle
1. Fresque de l'eau, par les élèves d'établissements scolaires de Pertuis
2. La Maison de l'eau, kakemonos
3. Gilles Marcel, FNEPACE - France Nature environnement atelier aqua nostrum,
dans la salle adjacente
4. Philippe Picon, Syndicat mixte d'aménagement de la vallée de la Durance
5. Rotary international, actions eau
6. Association Vivre à Lourmarin, avec dessins d’enfants, dans le hall
7. Association Lourmarin culture et patrimoine, histoire de l'eau dans le village
8. Pierre Croux, exposition, l’eau en milieu désertique, notes et croquis de voyage.
9. Jean-Claude Golvin, archéologie de l'eau en Méditerranée
10. René Moret, photographe animalier Durance
11. Stéphane Salord , Association Arc Fleuve Vivant
12. Jean-Michel Vola, Association Solidarité Eau Sud
13. Emmanuel Coste, Eaulistic
14. Nicolas Bouedec, Parc du Luberon
15. Kiosque livres sur l’eau, la Rumeur des crêtes