Prix littéraire des Rotary Clubs de langue française

 pour Evénement

Le jury littéraire du Rotary dont le président est Dominique Perben, ancien ministre, a couronné en cette année 2019 le beau livre de Fatou Diome : Les veilleurs de Sangomar, aux éditions Albin Michel.
Sur la proposition du Gouverneur du D 1770 Maxime Blot, la cérémonie s’est déroulée le 22 novembre à Bussy St Georges, ville en pleine expansion dont le caractère cosmopolite sied particulièrement aux objectifs du Rotary comme l’a expliqué le maire Yann Dubosc dans son discours d’accueil. Le Club de Bussy Val d’Europe et son président Farid Bellahnid ont organisé l’événement avec beaucoup de générosité.

Le jury littéraire du Rotary dont le président est Dominique Perben, ancien ministre, a couronné en cette année 2019 le beau livre de Fatou Diome : Les veilleurs de Sangomar, aux éditions Albin Michel.
Sur la proposition du Gouverneur du D 1770 Maxime Blot, la cérémonie s’est déroulée le 22 novembre à Bussy St Georges, ville en pleine expansion dont le caractère cosmopolite sied particulièrement aux objectifs du Rotary comme l’a expliqué le maire Yann Dubosc dans son discours d’accueil. Le Club de Bussy Val d’Europe et son président Farid Bellahnid ont organisé l’événement avec beaucoup de générosité.

La lecture est une amitié disait Marcel Proust. Voilà un mot qui parle au cœur des rotariens, car l’amitié c’est ce qui relie les hommes entre eux, à travers le temps, les pays. Elle nous aide à découvrir les autres, elle ouvre nos horizons, et pour parler comme le Président international, elle nous connecte au monde.

Et c’est un monde lointain que celui de l’île de Niodior située dans le delta du Saloum au Sénégal, où la jeune Coumba est soumise aux conventions sociales du deuil, recluse avec son enfant, chez sa belle mère pendant quatre mois et dix jours. Son amour, son prince, son mari adoré Bouba a péri dans le naufrage du Joola, un ferry qui reliait Dakar et la Casamance,
chacun se rappelle ce tragique événement qui fit près de 2000 morts en septembre 2002.
Mais Coumba n’accepte pas cette mort absurde, injuste, ni la force du destin devant laquelle on s’incline. Elle veut communiquer avec l’âme de Bouba. Alors la nuit, lorsque l’enfant dort, lorsque la maisonnée s’est assoupie, selon
les rites ancestraux, elle invoque le Djinn de Sangomar.
Les djinns, ce sont des sortes de créatures invisibles dotées de certains pouvoirs surnaturels. Sangomar, c’est un « bout de terre inhabité en face de l’île de Niodior, Sangomar lieu de rassemblement des Djinns, c’est le royaume des ombres », une île sacrée où veillent les esprits des morts dont le murmure atteint les oreilles des vivants qui savent ou veulent bien les entendre… et
Cumba (initiée par sa grand mère à l’antique religion sérère) les entend ; c’est pourquoi on la croit folle.
Nul ne la comprend, pas même sa mère. Alors elle décide de taire son chagrin en le confiant à l ‘écriture comme lorsque enfant, elle soufflait dans une conque pour se débarrasser de ses cauchemars. Ecrire, c’est résister !
C’est curieusement en plongeant dans ses racines les plus profondes qu’elle va trouver la voie de son émancipation par rapport à son milieu social et tous ceux qui aimeraient l’assujettir, belle-mère, religieux, faux-dévots, prétendants, etc…
Dans cette histoire qui nous entraine vers des paysages exotiques, une culture très différente de la nôtre, nous nous évadons de nous-mêmes, nous nous oublions pour vivre une autre vie, d’autres sentiments, d’autres expériences.
Umberto Eco disait :

Celui qui ne lit pas, arrivé à soixante dix ans aura vécu une seule vie, la sienne. Celui qui lit, en aura vécu au moins 5000.La lecture est une immortalité en sens inverse.

En nous faisant entrer dans d’autres vies, la lecture augmente nos connaissances et surtout notre capacité d’empathie et de compréhension, elle nous rapproche d’autrui.
De son écriture poétique, foisonnante, vibrante, répondant à la puissance de l’amour et de la révolte de Coumba, épousant le flux et le reflux des sentiments, des incantations et des jours semblables aux marées de l’Atlantique qui reviennent inéluctablement, l’auteur, sénégalaise, rend hommage à la langue française, et au Poète président épris de laïcité, Léopold Sédar Senghor, qui rêvait que « la poésie sauve le monde » et pour qui  « La Francophonie, c’est cet Humanisme intégral, qui se tisse autour de la terre », tout en respectant les identités.  Avec la voix singulière et pleine de fougue de Fatou Diome qui mêle familiarité, onomatopées comme une litanie, poésie et références culturelles européennes, la langue française trouve un nouveau souffle, prend le large, s’enrichit de couleurs, et se marie avec d’autres horizons stylistiques et linguistiques.
Ainsi, avec Les veilleurs de Sangomar, les valeurs rotariennes telles que cosmopolitisme, tolérance, fidélité à soi, courage et amour de la liberté, et résistance au mal prennent vie, s’incarnent et font rayonner la Francophonie.

Micheline Bonnet, vice présidente du jury du Prix Littéraire des Rotary Clubs de Langue Française

Lors de la cérémonie de remise du prix, Fatou Diome a interprété un poème qu’elle a écrit sur les violences faites aux femmes intitulé Fado pour les femmes. Vous le trouverez en suivant ce lien :
http://chantepie-initiatives.fr/wp-content/uploads/2016/02/Fado_pour_les_Femmes.pdf

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